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Fragments d’ILRI : Traiter la peau du manioc, pour un milliard de dollars


Des sacs de peau de manioc de haute qualité, Ibadan, Nigeria (photo credit: ILRI/Iheanacho Okike).

Cet article a été publié originellement en anglais sur ce site; traduit par Ewen Le Borgne.

La production d’animaux d’élevage devrait doubler dans les 40 années à venir et le traitement de la peau du manioc pour en tirer du fourrage de qualité pourrait s’avérer une stratégie de choix pour les économies africaines qui n’arrivent pas à combler la demande de produits d’origine animale, selon une étude récemment publiée par trois centres CGIAR.

Les 50 millions de tonnes de peau de manioc rejetées en Afrique chaque année pourraient générer au moins 15 millions de tonnes de peau de manioc de haute qualité, ce qui permettrait de combler les lacunes en fourrage et de générer une activité industrielle valant environ 2 milliards de dollars par an.

L’étude en question résulte du travail conjoint par l’Institut International pour la Recherche sur l’Elevage (ILRI), l’Institut International pour l’Agriculture Tropicale (IITA) et le Centre International pour les Pommes de terre (CIP), avec le soutien des programmes de recherche du CGIAR sur les racines, tubéreuses et bananes (RTB), Tropiques Humides, et Elevage et Pêche. En coopération avec des partenaires du secteur privé, ILRI dirige les efforts pour développer et améliorer des technologies innovantes en vue de traiter la peau du manioc pour en faire du fourrage de haute qualité.

La proposition de travail propose, d’ici cinq ans, de faciliter la production de fourrage de haute qualité à base de peaux de manioc, en créant environ 100,000 emplois et en éliminant plus de 20% de peaux de manioc nuisibles à l’environnement. Selon les projections, les effets induits de cette initiative pourraient bénéficier à l’économie africaine à hauteur de 900 millions de dollars US sur la durée du projet, et permettre au secteur privé d’impulser l’adoption accélérée des technologies et usages de ces produits de manière indépendante.

Les centres CGIAR impliqués recherchent 25 millions de dollars US pour mettre en œuvre ce projet quinquennal et le plan de travail serait entrepris en République Démocratique du Congo, au Nigeria, en Tanzanie et en Ouganda – quatre pays qui représentent 40% de la production annuel de manioc en Afrique. La recherche serait dirigée par ILRI Ibadan, en collaboration avec IITA et les programmes de recherche du CGIAR sur les Tropiques Humides, Elevage et Pêche et Racines, Tubéreuses et Bananes. Chacun de ces programmes est présent sur au moins l’un de ces quatre pays. ILRI et IITA Nigeria s’assureraient de coordonner, évaluer et peaufiner les activités de projet.

Environ 98% de la production de peaux de manioc du Nigeria est rejetée en raison des contraintes liées au séchage de ces peaux et aux risques d’intoxication alimentaire par l’acide cyanhydrique et les mycotoxines. Sécher les peaux en plein air – une activité quasi-impossible en saison des pluies – prend deux à trois jours. Par conséquent les peaux restent pourrir en tas ou sont brûlées, ce qui pollue l’air ambiant, le sol et l’eau souterraine, et gâche cette ressource de fourrage potentielle.

En 2015, des scientifiques de CGIAR ont développé des technologies accessibles et peu onéreuses pour transformer les peaux fraiches de manioc en ingrédients de fourrage de haute qualité, sûrs et hygiéniques. En huit heures ils ont produit une tonne de mélange de peaux de manioc de haute qualité (PMHQ, HQCP en anglais) à partir de trois tonnes de peaux fraiches de manioc. Les 50 millions annuels de tonnes de déchets de peaux de manioc estimées en Afrique pourraient générer 15 millions de tonnes de PMHQ, offrant une alternative sérieuse aux lacunes de fourrage, et créer ainsi une industrie continentale estimée à 2 milliards de dollars US par an.

Les éleveurs auraient ainsi accès à du fourrage de meilleure qualité et meilleur marché ; ils réduiraient leurs coûts d’exploitation et pourraient même améliorer la qualité et la quantité de aliments de source animale qu’ils produisent. Pour les consommateurs humains, le surcroit de céréales préservé ainsi serait doublé par la présence d’aliments de source animale qui améliorent leur santé et en particulier la santé cognitive des enfants.

Une copie du résumé de la proposition de travail ‘Scaling the use of cassava peels as quality livestock feed in Africa’ (Passer l’usage de la peau du manioc à l’échelle en tant que fourrage de qualité pour l’Afrique) est disponible ici, en anglais : http://hdl.handle.net/10568/69003

One thought on “Fragments d’ILRI : Traiter la peau du manioc, pour un milliard de dollars

  1. Excellent projet because the cassava peels is unsable ,most of people don’t know the cassava peels role, althought in BURUNDI some stock breeders distribute it to livestock as a forge and grow up quicky and very rich.

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